bénévolat dans le foot amateur

5 septembre 2016 - 15:30

Paroles de bénévoles

M. Jowen (parent et éducateur au FC Concarneau District Finistère Sud) : « Pour qu’une association vive et survive, le bénévolat est plus que nécessaire. Pour s’investir, il ne faut pas se sentir obligé car quand on vient dans le bénévolat, il ne faut rien attendre en retour. Il faut tout donner. » 

 

Philippe Battaglia (éducateur au CO Blenod, District Meurthe et Moselle) : « On a de tout dans notre club. Des retraités pour qui c’est la deuxième maison, il y a aussi des mamans qui viennent s’occuper des goûters, qui font le ménage, l’accueil ; des papas anciens ou non footeux qui arbitrent, installent les terrains. On fait aussi un gros effort pour que les jeunes joueurs donnent un coup de main, sans forcément encadrer. Et s’ils sont intéressés, on les aide à passer les diplômes. Le club paye systématiquement les diplômes. On essaye d’avoir que des éducateurs diplômes, aujourd’hui on a entre 10 et 15 diplômés pour 300 licenciés.

M. Pertuiso (secrétaire délégué du FCO Saint Jean de la Ruelle, District du Loiret) : « On prend la tête aux bénévoles avec des règlements qui sont de plus en plus rigides. On ne s’en sort pas. Car au fil des années, j’ai vu la situation se détériorer, et nos instances dirigeantes n’y sont pas pour rien. Avant un bénévole s’impliquait parce que cela lui faisait plaisir et qu’il n’était pas tenu à des engagements. Maintenant, on a plein d’obligations de la part de nos Ligues et Districts. Et puis on parle en bien du bénévolat pendant 15 minutes à l’assemblée générale de la ligue et en dehors de ça les bénévoles en prennent plein la tête tout au long de l’année. »

 

Erwan LE GUEN (éducateur à l’entente de la RIA, District du Morbihan) : « Avant tout, on est là pour donner du plaisir et du bonheur aux gamins. C’est la première chose. La technique passe après. Si on pouvait être plus, c’est sûr qu’ils seraient mieux encadrés et qu’ils progresseraient plus vite. Mais bon, du moment qu’ils repartent avec le sourire. Ça fait 3 ou 4 ans que ça commence à être difficile pour les petits clubs. Avant, il y avait beaucoup plus de monde. Ça s‘explique aussi par l’arrivée de nouveaux sports. Les mentalités ont évolué. Avant, les parents suivaient davantage les enfants, ils les accompagnaient, les encourageaient. Maintenant, ils viennent à telle heure déposer les enfants, puis ils font leurs courses ou je ne sais quoi, et ils reviennent juste pour les récupérer. On fait plus de la garderie. »

 

Quels conseils pourriez-vous donner aux clubs pour mieux impliquer les parents ?

La première chose est d’avoir des contacts avec les clubs pour leur expliquer comment intégrer les parents au fonctionnement de la structure. En début d’année, il faut essayer d’avoir une petite réunion de communication avec les parents concernés. En effet, l’information est souvent distillée au fur et à mesure dans l’année, alors que là, en début de saison, on peut les rassembler et leur expliquer le fonctionnement de la catégorie. C’est une première étape qui n’est malheureusement pas souvent réalisée. La deuxième chose, c’est l’organisation d’évènements dans la saison, en dehors des matchs ou des entraînements, pour créer un lien social dans le club. Par exemple, on peut organiser des repas pour que chacun se rencontre. C’est une possibilité parmi d’autres. Mais il n’y a pas de solutions miracle et, c’est vrai que même ceux qui ont ce fonctionnement là, rencontrent aussi des difficultés. Pour pallier ces problèmes, on parle de regroupement entre les petits clubs... ... Il y a certaines zones, en effet, notamment à la campagne, où on incite les clubs à « s’entendre » ou à fusionner. Car dans certains petits villages, il n’y a pas suffisamment de gamins pour réellement engager une équipe. Alors, on essaie de les amener à regrouper leurs compétences et leurs effectifs. Autant se regrouper pour former une, voire deux équipes, plutôt que chacun soit de son côté avec neuf ou dix joueurs,. Cela permet aussi d’augmenter le nombre d’éducateurs. Maintenant la difficulté que l’on rencontre, et elle n’est pas nouvelle, c’est la rivalité de voisinage. Il y a toujours des conflits de personnes. Chacun veut tirer la couverture à soi, que son association marche de manière autonome dans son village. Mais bon, on a quand même pas mal d’ententes, les choses évoluent.

Si vous deviez dresser le portrait type du bénévole, que diriez vous ? Il n’y a pas de profil type car le bénévolat regroupe de multiples activités. Par exemple, si c’est un président de district, il doit être un bon manager ou un chef d’entreprise. Un bénévole qui accompagne les jeunes doit avoir des qualités différentes que le trésorier. Celui-ci doit être un type rigoureux qui tient les rênes, qui poussent les gens dans leur retranchement pour éviter des dérives. Alors que l’accompagnateur d’équipe doit être quelqu’un d’ouvert, à l’écoute... Le souci d’ailleurs de la multi-activité, c’est qu’elle gomme les spécificités et diminue la compétence.

Quelle est la part des femmes dans le bénévolat ?

Les femmes apportent de la compétence et une autre approche des choses. Ainsi qu’une vision moins conflictuelle, peut-être un peu plus disponibles et plus à l’écoute que les hommes. Je suis convaincu que l’avenir et la pérennisation d’un certain nombre d’actions passent par la prise de pouvoir des femmes. Et c’est pour cela que l’on travaille énormément sur le football féminin. Je crois énormément à cet axe de développement. Par exemple, le nombre de pratiquantes et de dirigeantes a augmenté de 30% par rapport à 2004. Mais ce n’est pas simple, car il faut convaincre beaucoup de clubs qui n’ont hélas pas encore pris conscience de cette dimension-là. D’ailleurs, au niveau des compétitions, le football féminin n’est pas un monde à part, puisqu’il est complètement intégré au fonctionnement du comité.

Le rôle du bénévole a-t-il changé ?

Nous sommes dans une société de consommation, donc les gens viennent au foot pour consommer et par conséquent n’ont aucune rigueur. J’ai été 7 ans président d’un club qui comptait environ 200 licenciés. Je me souviens quand les parents venaient s’inscrire. C’était ma femme qui était la secrétaire, elle commençait toujours par leur dire : « Voilà comment ça se passe chez nous : Vous inscrivez votre enfant, vous avez donc des droits, mais aussi des devoirs notamment d’être présents au minimum 3 week-ends par an. Vous devez aussi, à tour de rôle, accompagner vos enfants dans les matchs à l’extérieur... Et à cette occasion, vous occuper de la collectivité. Forcement, on avait des parents qui n’étaient pas d’accord : « Mais vous n’y pensez pas, quand on va dans le club à côté, on ne nous demande pas tout cela. Alors on n’a pas envie d’accompagner nos enfants, ils veulent jouer au foot, c’est leur problème. » Nous répondions alors : « C’est vous qui voyez. Mais chez nous : c’est comme cela. » 48 heures après, ils sont revenus en disant : « Finalement, on a réfléchi, c’est une bonne idée, on va donc s ‘engager. » C’est pour ça qu’aujourd’hui, je dis au club : « Ne soyez pas laxistes », mais les clubs ont toujours peur de perdre des licenciés... A force de raisonner comme ça, on finit par déresponsabiliser tout le monde.

Commentaires

  • Hugo Chaumont
    27 septembre

    Hugo Chaumont

    Joueur

    26 ans